France-Ukraine (AFU) lance une pétition officielle à l’Assemblée nationale pour demander leur suspension temporaire tant que la guerre d’agression contre l’Ukraine se poursuit.
L’association France-Ukraine (AFU) vient de lancer une pétition sur la plateforme officielle de l’Assemblée nationale demandant à la France de suspendre temporairement la délivrance de visas touristiques aux ressortissants de la Fédération de Russie résidant en Russie.
La pétition est désormais publiée et ouverte aux signatures.
Signer la pétition officielle sur le site de l’Assemblée nationale :
Plus de quatre ans de guerre, mais toujours davantage de visas
Depuis le 24 février 2022, l’Ukraine subit une guerre d’agression menée par la Fédération de Russie.
Des millions d’Ukrainiens ont été contraints de quitter leur domicile. Des villes, des infrastructures civiles et des installations énergétiques ont été détruites ou endommagées. La guerre continue et la France, comme ses partenaires européens, apporte un soutien politique, financier et militaire considérable à l’Ukraine.
Parallèlement, l’Union européenne applique d’importantes sanctions à la Russie.
Pourtant, lorsqu’il s’agit de tourisme, les relations sont loin d’être interrompues.
Les chiffres officiels français montrent même une évolution surprenante : la France a délivré 172.927 visas à des ressortissants russes en 2025, soit une augmentation de 22,3% en un an.
Parmi eux, 169.061 étaient des visas de court séjour.
Consulter les statistiques officielles du ministère de l’Intérieur
Plus de 477.000 visas touristiques russes dans l’espace Schengen
Le phénomène ne concerne évidemment pas seulement la France.
Une question écrite publiée à l’Assemblée nationale le 19 mai 2026, s’appuyant sur le Baromètre Schengen de la Commission européenne, indique que plus de 620.000 visas Schengen ont été délivrés à des ressortissants russes en 2025, soit une hausse de 10,2% par rapport à 2024.
Et surtout : plus de 477.000 étaient des visas touristiques.
La même question parlementaire souligne que la France est le pays qui délivre le plus grand nombre de visas aux citoyens russes et qu’elle connaît la plus forte progression, supérieure à 23% sur un an.
Lire la question écrite du député François Cormier-Bouligeon
Les statistiques générales de la Commission européenne confirment l’importance du phénomène: 679.000 demandes russes de visas Schengen de court séjour ont été déposées en 2025. Le taux de refus des demandes russes n’était que de 6,4%, contre 7,5% en 2024.
Une Europe profondément divisée sur le tourisme russe
Plusieurs pays européens — notamment l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne et la Finlande — ont déjà fortement restreint l’accès des touristes russes.
En juin 2026, onze pays européens, emmenés par la Suède, ont demandé un nouveau durcissement des règles : Suède, Tchéquie, Danemark, Estonie, Finlande, Lettonie, Lituanie, Pays-Bas, Pologne, ainsi que la Norvège et l’Islande.
À l’inverse, d’autres grands pays européens continuent à délivrer des visas touristiques aux ressortissants russes. La France se distingue particulièrement par le nombre de visas délivrés et leur forte progression.
Le Royaume-Uni, qui n’appartient pas à Schengen, continue lui aussi à permettre aux ressortissants russes de solliciter un visa pour des voyages touristiques.
Il n’existe donc pas aujourd’hui de politique européenne uniforme. C’est précisément pourquoi France-Ukraine demande non seulement une évolution de la politique française, mais également que la France défende une position commune au niveau européen.
La question se pose désormais au Parlement français
Le sujet n’est d’ailleurs plus marginal.
Le 19 mai 2026, le député François Cormier-Bouligeon a officiellement interrogé le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères sur l’augmentation des visas Schengen accordés aux citoyens russes.
Il relève précisément le paradoxe entre la poursuite de la guerre, les sanctions européennes et l’augmentation importante du nombre de visas délivrés par la France.
Il demande au Gouvernement quelles orientations il entend donner à cette politique et si une réduction des délivrances est envisageable.
France-Ukraine souhaite aujourd’hui que les citoyens puissent eux aussi porter cette question devant l’Assemblée nationale.
Notre demande concerne le tourisme, pas les Russes en tant que personnes
Il est essentiel d’être très clair sur ce point.
France-Ukraine ne demande pas la fermeture de la France ou de l’Europe aux ressortissants russes.
Les situations familiales et humanitaires doivent pouvoir continuer à être prises en compte.
Les personnes persécutées, les opposants au régime russe, les défenseurs des droits humains et les journalistes indépendants doivent pouvoir trouver protection en Europe lorsqu’ils en ont besoin.
De même, certains déplacements médicaux, scientifiques ou professionnels justifiés doivent rester possibles.
Notre pétition concerne quelque chose de beaucoup plus précis :
les voyages effectués pour le tourisme et les loisirs par des ressortissants russes résidant en Russie.
Une personne fuyant le régime russe n’est pas dans la même situation qu’une personne souhaitant passer ses vacances à Paris, sur la Côte d’Azur ou ailleurs dans l’espace Schengen.
Nous refusons de confondre ces situations.
Le tourisme en Europe n’est pas une nécessité
Depuis 2022, les États européens ont pris des décisions exceptionnelles en réponse à l’agression de l’Ukraine.
Des sanctions économiques ont été adoptées. Des avoirs ont été gelés. Les relations commerciales ont été profondément modifiées. Les États européens consacrent des milliards d’euros au soutien de l’Ukraine.
Dans ces conditions, une question mérite d’être posée :
est-il cohérent de considérer simultanément que les relations avec la Fédération de Russie justifient des sanctions d’une ampleur exceptionnelle, mais que les voyages touristiques vers l’Europe doivent continuer presque normalement ?
Pour France-Ukraine, la réponse est non.
Voyager en Europe pour ses vacances n’est ni une nécessité ni un droit fondamental.
Et plusieurs pays européens ont déjà démontré qu’il était possible de restreindre le tourisme tout en conservant des exceptions pour les situations qui le justifient.
Une pétition officielle à l’Assemblée nationale
C’est pourquoi l’association France-Ukraine (AFU) a déposé la pétition :
« Pour la suspension temporaire des visas touristiques délivrés aux ressortissants de la Fédération de Russie »
Notre demande est simple :
suspendre temporairement la délivrance de nouveaux visas de court séjour lorsque le motif principal du voyage est le tourisme ou les loisirs, pour les ressortissants russes résidant en Russie, tant que la guerre d’agression contre l’Ukraine se poursuit.
Nous demandons également à la France de défendre une politique coordonnée en ce sens auprès de ses partenaires européens.
Cette mesure doit naturellement préserver les exceptions familiales, humanitaires, médicales et professionnelles justifiées, ainsi que la protection des personnes persécutées et des opposants au régime.
Vous partagez cette position ? Signez la pétition.
La pétition est désormais officiellement enregistrée sur la plateforme de l’Assemblée nationale et ouverte aux signatures.
Signer prend quelques instants et s’effectue directement sur le site officiel de l’Assemblée nationale.
Une pétition ne prend de poids que si elle sort du cercle des personnes déjà mobilisées pour l’Ukraine. Français, Européens, associations, élus et citoyens peuvent contribuer à porter cette question dans le débat public.
France-Ukraine (AFU)



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