L’hiver 2026 restera comme l’un des plus éprouvants pour l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe. Il ne s’agit pas d’une simple rigueur climatique, mais d’une crise humanitaire majeure, directement provoquée par la destruction systématique des infrastructures énergétiques du pays. Depuis des mois, les frappes russes répétées ciblent centrales électriques, réseaux de distribution et installations de chauffage urbain, transformant le froid en arme de guerre contre la population civile.
Le froid extrême : survivre à des températures polaires
Les Ukrainiens affrontent cet hiver dans des conditions qui rappellent les pires épisodes du XXᵉ siècle.
En janvier et début février 2026, les températures sont descendues jusqu’à –22°C dans plusieurs régions du pays. Dans un pays largement urbanisé, où le chauffage collectif est vital, ces températures deviennent mortelles lorsque les infrastructures sont détruites.
Dans de nombreux immeubles :
- le chauffage urbain est totalement à l’arrêt,
- la température intérieure chute à 4 à 6°C,
- l’eau gèle dans les canalisations,
- les murs sont humides, les fenêtres couvertes de glace.
Ce ne sont pas des situations exceptionnelles mais le quotidien de millions de civils.
À Kyiv, la situation est devenue si critique qu’en janvier 2026, environ 600 000 habitants ont quitté la ville, sur recommandation directe du maire, face à l’impossibilité de garantir un minimum vital de chauffage et d’électricité. Une capitale européenne partiellement vidée de ses habitants en plein hiver : un fait qui, à lui seul, devrait alerter le monde entier.
L’obscurité et l’effondrement énergétique
Au froid s’ajoute l’obscurité.
Le réseau électrique ukrainien est soumis à des attaques constantes, destinées non pas à obtenir un avantage militaire immédiat, mais à épuiser la population.
Le 7 février 2026, une nouvelle vague de frappes russes a visé les centrales électriques et les lignes de transmission, provoquant des coupures massives dans la majorité du pays. Dans certaines régions, l’électricité n’est disponible que quelques heures par jour, parfois pas du tout pendant plusieurs jours consécutifs.
Les conséquences vont bien au-delà de l’éclairage :
- l’approvisionnement en eau est interrompu,
- les ascenseurs cessent de fonctionner, piégeant personnes âgées et handicapées,
- les hôpitaux basculent sur des générateurs d’urgence,
- des soins sont rationnés,
- des opérations chirurgicales sont reportées faute d’électricité stable.
Cette obscurité forcée renforce l’isolement, la peur et l’épuisement psychologique, en particulier chez les enfants, privés d’école normale, et chez les personnes âgées, souvent seules, dans des appartements glacés et silencieux.
Une population qui s’adapte pour survivre
Face à cette stratégie de destruction, les Ukrainiens font preuve d’une résilience remarquable, soutenus par les autorités locales et les organisations humanitaires.
Des Points d’Invincibilité ont été déployés dans tout le pays : tentes chauffées, écoles, bâtiments publics transformés en refuges temporaires. On y trouve :
- de la chaleur,
- de l’électricité pour recharger téléphones et batteries,
- des repas chauds,
- un minimum de sécurité humaine.
Dans les logements, la survie s’organise autrement. De nombreuses familles sont contraintes de “camper” chez elles : elles se regroupent dans une seule pièce, isolent portes et fenêtres avec des couvertures, dorment habillées, parfois à plusieurs sous une même couverture, pour conserver la moindre chaleur.
Ce sont des stratégies de survie, pas des choix de vie.
Une aide humanitaire vitale mais insuffisante
Le Plan d’intervention hivernale 2025–2026 vise à soutenir plus de 1,7 million de personnes vulnérables jusqu’au mois de mars. Chauffages d’appoint, générateurs, couvertures thermiques, nourriture, assistance médicale : cette aide est indispensable.
Mais elle ne peut compenser une réalité fondamentale : aucune aide humanitaire ne peut remplacer un réseau énergétique détruit volontairement.
Le froid comme crime
Priver une population civile d’électricité, de chauffage et d’eau en plein hiver n’est pas un dommage collatéral. C’est une méthode de guerre. Une punition collective. Une violation grave du droit international humanitaire.
L’hiver 2026 en Ukraine n’est pas une catastrophe naturelle.
C’est une catastrophe fabriquée.
À l’Association France-Ukraine, nous refusons que cette réalité soit normalisée ou oubliée. Derrière chaque chiffre, il y a des familles, des enfants, des personnes âgées qui luttent pour survivre au froid, pendant que l’Europe reste au chaud.
L’Ukraine résiste. Mais elle paie le prix du froid, de l’obscurité et de l’indifférence.







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