Plus de quatre ans et demi après le début de l’invasion russe à grande échelle, le 24 février 2022, l’Ukraine continue de subir une tragédie humaine dont l’ampleur dépasse les statistiques. Civils tués ou blessés, enfants déportés, prisonniers, disparus, familles séparées et millions de réfugiés : derrière chaque chiffre se cache une vie, une histoire, une souffrance et, souvent, une attente interminable.
Une guerre qui continue de tuer des civils chaque jour
Alors que l’attention internationale se déplace régulièrement vers d’autres crises, les bombardements et les attaques contre les villes ukrainiennes se poursuivent.
Selon la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies en Ukraine, 2 222 civils ont été tués et 13 058 blessés entre janvier et août 2026.
Cela représente, en moyenne, plus de 9 civils tués et 53 blessés chaque jour.
Plus inquiétant encore, le nombre de victimes civiles recensées durant ces huit mois dépasse celui de l’ensemble de l’année 2025.
Pour le seul mois d’août 2026, les Nations unies ont vérifié 372 morts et 2 349 blessés.
Ces bilans ne comprennent que les victimes dont le décès ou les blessures ont pu être documentés. Le nombre réel est vraisemblablement plus élevé, notamment dans les territoires occupés et les zones difficiles d’accès.
Derrière ces chiffres, il y a des habitants tués dans leur logement, des personnes blessées sur leur lieu de travail, des familles frappées alors qu’elles tentaient simplement de poursuivre leur existence.
La guerre ne se limite pas aux lignes de front. Elle frappe aussi des villes et des villages situés à des centaines de kilomètres des combats.
Plus de 20 000 enfants ukrainiens déportés ou transférés de force
Parmi les conséquences les plus douloureuses de cette guerre figure le sort des enfants ukrainiens emmenés en Russie ou transférés depuis les territoires occupés.
Les autorités ukrainiennes ont officiellement recensé 20 651 cas de déportation ou de transfert forcé d’enfants.
Au 11 octobre 2026, le portail officiel ukrainien Children of War faisait état de 2 672 enfants ramenés grâce aux efforts de rapatriement.
Ces chiffres ne permettent cependant pas de connaître l’ampleur réelle du phénomène. L’accès aux enfants concernés reste limité et de nombreuses situations demeurent impossibles à vérifier indépendamment.
Pour les familles, chaque journée peut devenir une épreuve.
Où se trouve leur enfant ? Est-il en bonne santé ? Se souvient-il encore de sa famille, de sa langue, de son pays ? Quand pourra-t-il rentrer ?
La déportation illégale et le transfert forcé d’enfants constituent de graves violations du droit international. La Cour pénale internationale a délivré en mars 2023 des mandats d’arrêt contre Vladimir Poutine et Maria Lvova-Belova pour leur responsabilité présumée dans ces crimes de guerre.
Le retour des enfants ukrainiens doit demeurer une priorité internationale.
Plus de 114 000 personnes portées disparues
Un autre chiffre révèle l’immensité de la souffrance des familles ukrainiennes : plus de 114 000 personnes figurent dans les registres ukrainiens des disparus.
Ce nombre comprend des militaires et des civils dont le sort n’a pas encore été établi.
Il ne signifie pas que toutes ces personnes sont décédées. Certaines peuvent être détenues, privées de communication avec leurs proches, ou se trouver dans des territoires auxquels les autorités ukrainiennes n’ont pas accès.
Pour les familles, cette incertitude est particulièrement cruelle.
Comment faire son deuil sans savoir si un proche est mort ? Comment envisager l’avenir lorsqu’il reste une possibilité qu’il soit encore vivant ?
Des milliers de familles continuent de rechercher un mari, une épouse, un fils, une fille, un frère ou une sœur.
Elles attendent un appel, un témoignage, une information officielle, parfois depuis plusieurs années.
Le droit de connaître le sort de ses proches est un droit fondamental.
Prisonniers de guerre et civils détenus : une autre tragédie
La question des Ukrainiens détenus par la Russie constitue un autre volet majeur de cette crise humanitaire.
Des milliers de militaires ukrainiens sont toujours prisonniers. Des civils sont également détenus, parfois sans que leurs familles connaissent leur lieu de détention ou leur état de santé.
Le nombre exact demeure difficile à établir en raison du manque d’accès indépendant à de nombreux lieux de détention et de l’insuffisance des informations disponibles.
Les témoignages de personnes libérées et les enquêtes internationales ont documenté des actes de torture, des mauvais traitements et de graves violations des droits des détenus.
Le droit international humanitaire impose pourtant des obligations précises concernant leur traitement, leur protection et les contacts avec leurs familles.
Les prisonniers de guerre doivent être traités humainement. Les civils ne doivent pas être détenus arbitrairement. Les organismes humanitaires doivent pouvoir exercer leurs missions.
Le retour des prisonniers et des civils détenus illégalement ne doit pas devenir un sujet secondaire dans les discussions internationales.
Des millions d’Ukrainiens contraints de quitter leur foyer
La guerre a également provoqué l’un des plus importants déplacements de population en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.
Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, à la fin de l’année 2025, environ 5,9 millions de réfugiés ukrainiens vivaient à l’étranger, tandis que 3,7 millions de personnes étaient déplacées à l’intérieur de l’Ukraine.
Ces millions de personnes ont dû abandonner leur logement, leur emploi, leurs habitudes et, bien souvent, une partie de leur famille.
Certaines ont trouvé refuge dans des pays européens, notamment en France. D’autres vivent encore dans des hébergements temporaires, loin de leur ville ou de leur village d’origine.
Beaucoup souhaitent rentrer chez elles, mais ce retour reste impossible tant que les bombardements se poursuivent, que les habitations sont détruites ou que leurs régions demeurent occupées.
L’exil ne se résume pas à franchir une frontière. Il signifie parfois reconstruire entièrement son existence, apprendre une nouvelle langue, trouver du travail, scolariser ses enfants et vivre avec l’inquiétude permanente pour les proches restés au pays.
Le danger de l’indifférence
Après plus de quatre années de guerre à grande échelle, un autre danger apparaît : celui de l’accoutumance.
Les images de destructions se succèdent. Les bilans humains augmentent. Les annonces de nouvelles attaques finissent parfois par se ressembler.
Pourtant, aucune victime n’est une statistique ordinaire.
Un enfant qui ne retrouve pas ses parents n’est pas un simple dossier administratif.
Une personne disparue n’est pas seulement un nom dans un registre.
Un prisonnier privé de nouvelles de sa famille n’est pas seulement un chiffre dans une négociation.
Et une personne tuée par un bombardement laisse derrière elle des proches, des souvenirs, des projets et une vie qui ne pourra jamais être remplacée.
Nous ne devons pas nous habituer à la souffrance humaine.
Nous ne devons pas considérer la guerre comme une situation normale simplement parce qu’elle dure.
L’engagement de l’Association France-Ukraine
Depuis sa création en mars 2022, l’Association France-Ukraine (AFU) agit pour soutenir la population ukrainienne et maintenir des liens de solidarité entre nos deux pays.
Notre engagement repose sur une conviction simple : la solidarité doit se poursuivre aussi longtemps que les besoins existent.
L’aide humanitaire, les initiatives locales, le soutien aux personnes vulnérables, la coopération avec les partenaires ukrainiens et l’information du public constituent autant de moyens concrets de manifester cette solidarité.
Mais aider l’Ukraine ne consiste pas uniquement à collecter des fonds ou à acheminer du matériel.
C’est aussi refuser l’indifférence.
C’est rappeler que les civils doivent être protégés, que les enfants déportés doivent retrouver leurs familles, que les personnes disparues doivent être recherchées et que les prisonniers doivent bénéficier des protections garanties par le droit international.
C’est défendre le droit des Ukrainiens à vivre en paix, en sécurité et dans un pays libre et souverain.
Ne pas oublier. Ne pas détourner le regard. Continuer d’agir.
Un jour, cette guerre prendra fin.
Mais ses conséquences humaines continueront de marquer plusieurs générations.
Il faudra reconstruire les villes, soigner les blessés, accompagner les familles endeuillées, retrouver les disparus, aider les anciens prisonniers et permettre aux enfants de grandir à nouveau dans la sécurité.
Il faudra aussi reconstruire la confiance et redonner un avenir à ceux qui ont tout perdu.
En attendant, notre responsabilité collective reste entière.
L’Ukraine ne doit pas être oubliée.
Ses enfants doivent pouvoir retrouver leurs familles. Ses prisonniers doivent être protégés et libérés conformément au droit international. Ses disparus doivent être recherchés. Ses civils doivent pouvoir vivre sans craindre les bombardements.
L’Association France-Ukraine continuera, à son échelle et avec ses partenaires, à défendre ces principes et à agir pour les victimes de cette guerre.
Parce que derrière chaque chiffre, il y a une vie humaine.
Et parce qu’aucune vie ne devrait être oubliée.
Association France-Ukraine (AFU)
Solidarité, dignité et engagement aux côtés du peuple ukrainien.
Données consultées au 11 octobre 2026. Les statistiques proviennent de sources institutionnelles et portent sur des périodes différentes. Les bilans vérifiés peuvent être inférieurs aux nombres réels, notamment dans les territoires occupés.
- ONU — Bilan des victimes civiles, août 2026 : chiffres vérifiés de janvier à août 2026.
- Children of War — Portail officiel ukrainien : enfants déportés, disparus et rapatriés.
- Ministère ukrainien de la Politique sociale : disparus et enfants transférés.
- HCR — Rapport sur la situation ukrainienne : réfugiés et déplacés, fin 2025.



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